L’infertilité chez l’homme

L’infertilité chez l’homme

L’infertilité chez l’homme

L’infertilité chez l’homme peut être due à une production de sperme insuffisante, une motilité et/ou une migration sous-optimale, une morphologie anormale des spermatozoïdes ou une combinaison de ces paramètres. Les organes reproducteurs de l’homme, c.-à-d. les testicules assurent la production, la nutrition et le transport des spermatozoïdes, ainsi que la production et la sécrétion des hormones sexuelles de l’homme indispensables au maintien du système reproducteur de l’homme.
L’infertilité masculine peut provenir d’un ensemble de facteurs associés, principalement, à des causes endocriniennes, mécaniques/physiques, liées à une infection, dépendant du mode de vie, immunologiques et génétiques.

1. Les causes endocriniennes d’infertilité chez l’homme

La principale hormone responsable de la production des spermatozoïdes est appelée la testostérone. Cette hormone est sécrétée dans les testicules de deux manières différentes. Ces derniers sont régulés par des événements hormonaux activés par deux glandes du cerveau : l’hypothalamus et l’hypophyse. Tout dérèglement du fonctionnement normal de ces deux glandes altère la production des spermatozoïdes. En outre, d’autres hormones ou substances chimiques produites par l’organisme masculin ou administrées de manière exogène peut perturber la sécrétion normale et la fonction ultérieure de production de testostérone.

2. Les causes mécaniques/physiques d’infertilité chez l’homme

Un traumatisme ou une torsion testiculaire peut altérer le fonctionnement normal du spermiducte (canal déférent) dont les contractions réflexes des muscles propulsent les spermatozoïdes à l’avant des testicules vers l’urètre. Le canal déférent peut, également, être obstrué en raison d’une infection ou peut même être totalement inexistant en raison d’une malformation congénitale, altérant la fonction d’éjaculation normale des spermatozoïdes. Certains hommes peuvent souffrir d’une éjaculation rétrograde, une affection au cours de laquelle le sperme remonte vers la vessie au lieu de sortir normalement de l’urètre. Environ 3 à 5 % des enfants de sexe masculin présentent une ectopie testiculaire (également connue sous le nom de cryptorchidie), une anomalie correspondant à l’absence d’un ou des deux testicules dans la partie basse de l’abdomen (observé plus fréquemment chez les enfants prématurés). Les individus qui ne sont pas traités rapidement (avant la puberté) peuvent souffrir de dommages irréversibles de la fonction testiculaire. Un pourcentage élevé d’hommes dans le monde souffre d’un dysfonctionnement sexuel. Un âge avancé, une hypertension artérielle et du diabète peuvent provoquer l’impuissance, principalement due à une diminution de la sécrétion de testostérone, une diminution du débit sanguin et une altération de la fonction neurologique. Certains hommes ne parviennent pas à contrôler l’éjaculation, celle-ci précède alors le rapport sexuel ou survient peu de temps après celui-ci. Bien que la cause d’une éjaculation précoce soit encore mal comprise, on pense que des facteurs psychologiques et biologiques y contribuent lors de ce trouble.

3. Les causes infectieuses d’infertilité chez l’homme

Des infections d’origine bactérienne et virale touchant l’appareil génital peuvent contribuer à l’infertilité chez l’homme en altérant le processus dynamique de la spermatogénèse, diminuant ainsi le nombre de spermatozoïdes, leur mobilité et leur migration. Outre, l’effet néfaste sur la fonction de reproduction, les infections peuvent entraîner éventuellement une obstruction permanente du réseau tubulaire, qui permet le transport des spermatozoïdes dans les testicules ou toucher la glande prostatique (prostatite). Si la prostatite n’est pas traitée rapidement, ses effets deviennent permanents. La complication la plus courante chez les adultes de sexe masculin est l’infection contagieuse des oreillons entraînant une orchite (inflammation touchant l’un des deux testicules). Cette maladie altère le fonctionnement normal des cellules testiculaires diminuant, par conséquent, la production et la viabilité des spermatozoïdes.

4. Les causes d’infertilité chez l’homme liées au mode de vie

Le mode de vie d’un homme a une incidence immédiate sur son potentiel de fertilité. Le point de vue de Genesis à ce sujet est que la principale cause de la diminution de la capacité de reproduction d’un homme est liée à la « pollution » alimentaire. Ce phénomène mondial présente des effets qui s’étendent en prenant une ampleur alarmante. Les hormones de croissance, les conservateurs toxiques et les stéroïdes contenus dans les produits animaux, poissons, fruits et légumes participent à la diminution de la fertilité masculine.
D’autres facteurs qui y sont associés sont l’exposition aux risques environnementaux et aux produits toxiques, comme les pesticides, les peintures et la radioactivité, la consommation excessive et chronique d’alcool, l’utilisation prolongée de narcotiques et le tabagisme, les séances d’entraînement physique intensif associées à l’utilisation de stéroïdes anabolisants, ainsi que l’exposition à des polluants industriels, tels que des métaux lourds (p. ex. cadmium, plomb et mercure).

5. Les causes immunologiques d’infertilité chez l’homme

On estime qu’environ 10 % de l’ensemble des hommes souffrant d’infertilité présentent des anticorps anti-spermatozoïdes d’origine auto-immunitaire, bien que ce taux ne s’élève qu’à 1 % chez les individus dont la fertilité a été prouvée. Les anticorps sont des molécules protéiques produites par les cellules sanguines. Ils sont utilisés par le système immunitaire pour lutter contre les corps étrangers, par exemple les bactéries et les virus. Les raisons pour lesquelles certaines populations d’hommes développent des anticorps dirigés contre leurs propres spermatozoïdes n’ont pas encore été élucidées. Une prévalence a été relevée parmi les hommes qui souffrent principalement d’infections, de torsions ou de cancer des testicules, qui ont été diagnostiqués avec une affection que l’on nomme varicocèle (dilatation des veines situées autour des testicules accompagnée de fièvre), qui ont subi l’inversion d’une vasectomie ou qui présentent une anomalie des testicules d’origine congénitale. Les anticorps se fixent aux récepteurs des spermatozoïdes et, par conséquent, s’agglutinent selon des orientations différentes, les rendant ainsi incapables de pénétrer la glaire cervicale et d’accéder à l’ovule, car la mobilité et la migration des spermatozoïdes sont altérées. C’est pourquoi, le recours aux techniques de procréation médicalement assistée, comme l’insémination in vitro (FIV) ou l’injection directe d’un spermatozoïde (ICSI) permet de contourner les effets indésirables des anticorps anti-spermatozoïdes.

6. Les causes génétiques d’infertilité chez l’homme

L’obstruction partielle ou totale du tractus génital peut provenir d’une malformation congénitale (à la naissance) ou être la conséquence d’une prédisposition génétique. Quasiment tous les hommes qui sont atteints, par exemple, d’une fibrose kystique présentent une azoospermie obstructive, car ils naissent sans canaux déférents (canaux musculaires qui permettent d’acheminer les spermatozoïdes vers les testicules). Plusieurs maladies héréditaires peuvent, également, s’exprimer sous forme de syndromes (ensemble de signes cliniques et de symptômes) qui diminuent la production des spermatozoïdes en raison de testicules non développés et/ou d’un dysfonctionnement testiculaire. Des anomalies chromosomiques ou monogéniques qui peuvent être héritées d’un parent ou même provenir d’une mutation de novo (nouvelle) au moment de la fécondation et d’une embryogenèse très précoce jouent le rôle de pivot génétique dans le domaine de l’infertilité chez l’homme. Les exemples les plus courants de maladies de ce type sont les suivants :
Syndrome de Kallmann : maladie qui se caractérise par le retard ou l’absence de puberté et par une altération de l’odorat. Ce syndrome a un effet sur la sécrétion d’hormones qui induisent le développement sexuel. Les hommes atteints de cette maladie présentent une altération de la fonction testiculaire due à une diminution de la sécrétion des hormones de la reproduction (FSH et LH) et donc de la production de testostérone. C’est pourquoi, les hommes touchés par cette maladie ne développent pas de caractères sexuelles secondaires lors de la puberté.

Dystrophie myotonique : maladie qui affecte plusieurs organes et qui est associée à des anomalies musculaires et endocriniennes conduisant à une atrophie testiculaire et tubulaire, l’impuissance, une oligospermie et une azoospermie. Plus de 75 % de la population d’hommes touchés par cette maladie sont hypofertiles ou totalement stériles.

Drépanocytose : maladie génétique qui se caractérise par une insuffisance testiculaire, l’impuissance et un retard ou une altération du développement sexuel. Les hommes touchés par cette maladie présentent un volume d’éjaculat, ainsi qu’un nombre et une motilité de spermatozoïdes très réduits en raison d’un taux de testostérone insuffisant, bien que le nombre de spermatozoïdes morphologiquement sains soit nettement sous-optimal, probablement dû à un effet d’hypoxie locale.

Syndrome de Klinefelter : maladie génétique qui se caractérise par l’ajout, chez un homme, d’un chromosome X dans son génotype (47XXY). Ce syndrome entraîne des lésions testiculaires permanentes associées à la formation de tissu fibrotique, des testicules de plus petite taille et des anomalies au niveau du système de reproduction endocrinien conduisant le plus souvent à une azoospermie. Les techniques modernes de procréation médicalement assistée, telle que l’utilisation de spermatozoïdes extraits lors d’une intervention chirurgicale, suivie d’une injection directe d’un spermatozoïde dans l’ovocyte (ICSI), pourraient se révéler bénéfiques pour un certain nombre de patients atteints du syndrome de Klinefelter, alors que pour la plus grande majorité d’entre eux, la seule solution pour devenir parent serait l’utilisation de sperme d’un donneur.

Syndrome de Kartagener : maladie héréditaire provoquant la transposition des organes et des troubles au niveau de l’appareil respiratoire. Chez l’homme, ce syndrome est associé à des anomalies structurelles extrêmes au niveau des flagelles des spermatozoïdes entraînant l’absence totale de vitalité. Des patients souffrant de cette maladie peuvent bénéficier d’une extraction de spermatozoïdes par voie chirurgicale et d’une fécondation in vitro ultérieure de l’ovocyte pour aboutir à une grossesse.

Réarrangements chromosomiques : ils impliquent une ou plusieurs modifications (délétion, duplication, inversion ou translocation) au niveau de la structure normale d’un chromosome changeant ainsi l’ordre particulier des gènes. Des réarrangements de ce type représentent un déséquilibre génétique provoquant soit un arrêt précoce du développement embryonnaire, soit une fausse couche précoce.

Microdélétion du chromosome Y : le chromosome Y est le plus petit chromosome de tous. Il porte seulement 220 gènes dont les plus importants sont ceux représentant la région de détermination sexuelle. Les délétions se produisant dans des séquences spécifiques d’un gène entraînent une diminution du nombre de spermatozoïdes et une azoospermie.